#23 Au menu : Dani Olmo dans l’axe et l’analyse des finalistes

Écrit par C.Kuchly, le 9 juillet 2021 à 03:33.

#23 Au menu : Dani Olmo dans l’axe et l’analyse des finalistes

En enlevant Alvaro Morata contre l’Italie en demie, Luis Enrique a tenté un coup tactique dont les avantages s’accompagnaient de quelques inconvénients. L’approche de la finale est aussi l’occasion d’analyser la saison des titulaires anglais et italiens.

Marquer sans attaquant de pointe : le cas espagnol

En débutant avec Dani Olmo en attaquant axial face à l’Italie (1-1, 2-4 tab), l’Espagne a fait un choix simple, fruit de l’analyse du match de Romelu Lukaku face à la Squadra au tour précédant : s’éloigner de la zone occupée par Leonardo Bonucci et Giorgio Chiellini et créer une supériorité numérique un peu plus bas sur le terrain. Milieu offensif polyvalent régulièrement aligné en pointe avec Leipzig, Olmo connaît le poste et ses contraintes. Sans être un incroyable finisseur (cinq buts en Bundesliga cette saison) ni avoir le poids de Kai Havertz, qui peut très bien donner le change en restant dans la surface lorsqu’il évolue devant, son instinct lui permet d’être régulièrement en zone de finition. Décrocher pour embarquer la défense et ouvrir des espaces était d’ailleurs la mission d’Alvaro Morata contre la Suisse, et elle avait été plutôt bien remplie.

Forcément, lorsque les supériorité créées un peu plus bas sur le terrain n’aboutissent à rien, qu’il y a de la maîtrise et des décalages mais personne pour les exploiter, une question revient sans cesse : et si tout cela n’était pas contre-productif ? Ne vaut-il mieux pas un 3 contre 3 au milieu et un 3 contre 4 en attaque, plutôt qu’un 4 contre 3 dans la zone de création et un 2 contre 4 dans celle de finition ? Une question qui dépend toujours des profils à disposition, tous les attaquants n’étant pas égaux. Buteur après son entrée, Morata n’a cumulé que onze réalisations en Serie A lors de la saison écoulée, soit moins que Marcos Llorente en Liga (douze) alors que le Colchonero est aligné latéral droit en sélection. Si, comme en 2008, l’Espagne avait David Villa et Fernando Torres, la question tactique se serait moins posée. Certes bien pourvue en créateurs, la sélection de Luis Aragones n’avait pas besoin d’actions collectives élaborées pour marquer.

La première réponse au dilemme créé par ce faux numéro 9 réside dans ses qualités. Le lendemain, contre le Danemark (2-1 ap), Harry Kane a régulièrement décroché pour toucher le ballon dans les mêmes zones que Dani Olmo, comme il le fait à Tottenham. La différence, outre la perception extérieure – à match égal, on aura tendance à reprocher à un finisseur comme Kane de s’éloigner du but alors qu’avec un créateur comme Olmo la critique sera pour l’entraîneur –, réside dans les phases où il n’y a pas besoin de venir aider les partenaires. Une fois les Danois acculés sur leur but, Kane pouvait rester dans la surface, là où Olmo était moins pertinent une fois son équipe

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